Une langue maternelle différente est rarement un obstacle à l’amour, puisque le français sert souvent de langue commune. Elle devient un défi quand elle isole l’un des deux de la famille de l’autre, ou quand les enfants risquent de ne rien recevoir des deux héritages. Bien gérée, elle est une vraie richesse.
- Dans beaucoup de foyers, le français sert de langue de couple, et les langues maternelles de langues de famille.
- Le vrai enjeu n’est pas le couple lui-même, mais les relations avec les beaux-parents et les enfants.
- Apprendre quelques mots de la langue de l’autre est un geste de respect fort.
- Les enfants peuvent recevoir plusieurs langues sans confusion si les deux parents s’y engagent.
Le français partagé, mais pas toujours vécu pareil
En Côte d’Ivoire comme dans les grandes villes d’Afrique francophone, le français circule partout, aux côtés de nombreuses langues locales. Dans les villes, beaucoup de gens comprennent la langue de leurs parents sans toujours la parler, et certains en ont grandi à l’écart. Autrement dit, la langue maternelle n’est pas toujours une évidence, même pour celui qui en hérite. Chez un couple dont les deux membres sont de langues différentes, le français est donc souvent le terrain commun.
Mais deux personnes qui parlent français ne le vivent pas forcément de la même manière : le rythme, l’humour, les expressions, les mots tendres viennent souvent d’une autre langue. Et c’est là que se jouent la plupart des petits malentendus.
Où la différence se joue vraiment
| Situation | Ce que cela apporte | Ce qui demande de l’attention |
|---|---|---|
| Les repas de famille | Découverte de chants, de proverbes, de plats | Se sentir exclu(e) quand tout le monde parle une langue que l’on ne comprend pas |
| Les disputes | La possibilité de reformuler dans une langue plus neutre | Les mots qui blessent ne se traduisent pas toujours de la même façon |
| Les mots tendres | Un vocabulaire d’amour à inventer à deux | Un surnom qui, dans une langue, a un autre sens |
| Les enfants | Deux, voire trois langues, à transmettre | Le risque de n’en transmettre aucune par habitude du français seul |
Apprendre dix mots dans la langue de l’autre, c’est lui dire : votre famille compte pour moi.
Comment en faire une force
- Demandez à l’autre de vous apprendreUne salutation, un mot de remerciement, une formule respectueuse pour les aînés. L’effort est apprécié bien au-delà de la prononciation.
- Réservez un temps où chacun parle sa langueAu téléphone avec sa mère ou en famille, chacun a le droit de retrouver sa langue, avec une explication ensuite pour l’autre si besoin.
- Prévoyez un interprète bienveillantLors des premières visites à la belle-famille, un cousin ou une sœur qui traduit les échanges évite les silences gênants.
- Parlez tôt de la transmissionSi vous envisagez des enfants, discutez de la ou des langues à la maison avant qu’ils n’arrivent.
Questions fréquentes
Faut-il absolument apprendre la langue de son partenaire ?
Non, mais les premiers mots ouvrent des portes dans la famille de l’autre. Quelques formules de politesse font déjà beaucoup.
Quelle langue parler avec ses enfants ?
Chaque parent peut parler sa langue, ou un foyer peut en choisir deux. L’essentiel est la régularité, et que l’enfant les entende dans des situations réelles.
Que faire si la belle-famille ne parle pas français ?
Prévoyez un traducteur de confiance pour les premiers échanges, et apprenez quelques salutations. Le sourire et le respect portent déjà beaucoup.
Faire parler deux mondes
Une langue de plus à la maison, c’est une porte de plus ouverte.
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